Logo Felix Le Dantec

La 1re S1 & la 1re L2 au Dourven, sur les pas des Migrants

Pour approfondir le travail engagé dans le cadre de la Semaine de la Solidarité Internationale, les élèves de 1re S1 & 1re L2 sont allés visiter l’exposition de la galerie du Dourven sur le thème des Migrants et intitulée : « Le jour où ils sont arrivés ». En pleine nature, une situation poignante : autour de chaque arbre, un bandeau bleu comportant le prénom d’un migrant décédé lors de son périple…

Un arbre, un migrant...
Un arbre, un migrant…

Ce travail se poursuivra en classe avec Véronique MERY en espagnol, Marie-Annick DOLLO en anglais, Daniel LESSARD en ECJS, Gaël KERVRAN et Isabelle BONNEFON en français. Il se fera notamment par le biais du jeu de rôles « En route avec les Migrants ». De son côté, Marie-Line NICOL a également accompagné tous ses élèves de l’option Art Plastique à cette exposition. Elle poursuivra la réflexion engagée au travers de travaux artistiques à venir.

.
.
.
.

Présentation de l’exposition par Marie-Hélène CLAM du Télégramme :

Locquémeau. Destins de migrants au Dourven

17 juillet 2015 / Marie-Hélène Clam /

 

Martin Le Chevallier a travaillé autour de 350 prénoms qui investissent le...
Martin Le Chevallier a travaillé autour de 350 prénoms qui investissent le paysage du Dourven, évocateurs d’autres cultures.

Intitulé « Le jour où ils sont arrivés », l’exposition d’été de la galerie du Dourven choisit les chemins de traverse pour évoquer le destin des migrants qui viennent sur nos côtes. Une belle résonnance avec le lieu et cette avancée sur la mer qui donne à voir, à entendre et à penser.

Dès l’entrée du parc, on est ailleurs. Étrange impression que tous ces arbres ceints de rubans bleus. On s’approche : des prénoms, tous étrangers, brodés en lettres noires. Qui sont-ils ? Quand sont-ils arrivés ? Début de réponse dans la galerie où l’on s’installe face à la mer pour écouter deux variations audio d’une même histoire. Un homme, en Occident, qui voit arriver ces « innombrables dans leurs embarcations » « On savait qui ils étaient. Ils étaient ceux qui fuyaient la guerre et la misère ». Une femme, sur son île, qui voit partir ses compagnons « affronter les vagues ». « Ceux qui étaient en âge de conquérir le monde ». Deux textes lus par deux comédiens qui racontent, comme une fable futuriste, une histoire qui est la nôtre. Un renvoi sans pathos à l’actualité mais qui fait étrangement écho au paysage maritime du Dourven. Plus loin, face à la mer, le corps de garde abrite lui aussi un enregistrement d’un homme qui parle. C’est le point de vue d’un policier des frontières.

Un traitement plein d’humanité


Pour construire son exposition-installation, Martin Le Chevallier est parti de ces textes pour ensuite évoquer, presque de façon individuelle, le destin de tous ces migrants morts en voulant changer de vie. Pas de discours culpabilisant mais un traitement plein d’humanité, à travers des dispositifs vidéo. Dans la première salle, l’utopie d’une libre circulation des individus à travers le monde est symbolisée par un globe terrestre et des photos d’hommes et femmes prises devant des lieux touristiques. Aucun visage occidental.

500 destins tragiques


Plus sombre, la dernière salle : un texte déroulant sur fond rouge, constitué de 500 lignes, 500 prénoms et autant de destins tragiques. « José est tombé d’un avion à destination de Londres », « Karim a été exécuté après avoir été reconduit en Iran », « Li Zhey est mort asphyxié dans la remorque d’un camion entre Zeebrugge et Douvres ». Une liste établie par l’association United against racism qui a inventorié les morts connus de migrants de 1993 à 2014. La dernière actualisation, en juin, dénombrait 22.394 noms. En sortant, on ne regarde pas les arbres enrubannés de bleu de la même façon.

© Le Télégramme